IL EST ABSURDE D'AVOIR UNE REGLE RIGOUREUSE SUR CE QUE L'ON DOIT LIRE OU PAS. PLUS DE LA MOITIE DE LA CULTURE INTELLECTUELLE MODERNE DEPEND DE CE QU'ON NE DEVRAIT PAS LIRE.
Phrases et philosophies, Oscar WILDE.
PREFACE
Pourquoi faut-il ‘cliquer' sur l'icône "Démarrer" pour quitter le système Windows XP©®™?
Pourquoi tant de gens s'évertuent-ils à commander un Coca©®™ 'LIGHT' pour accompagner le Maxi Menu Cheese-frites de leur fast-food préféré?
Pourquoi le contrat de mariage (union?) n'est-il constitué que de clauses visant à organiser la séparation des futurs époux?
Voilà autant de questions auxquelles je ne répondrai pas ici mais qui valaient la peine d'être posées.
ABSTRAIT Art abstrait
Vaste courant pictural qui voit le jour dès 1910 et qui couvre tout le 20e siècle jusqu‘à nos jours. Cubisme, Bauhaus, De Stijl, Abstraction-Création, (malgré son nom) l'Art Concret zurichois; autant de variations sur un même thème. Participent plus tard au même registre l'Expressionnisme Abstrait et/ou l'Action Painting, puis le Minimal Art et le Land Art, les abstractions lyriques et géométriques, l'art conceptuel, Support-Surface, etc. A l'origine de tous ces mouvements qui ont en commun de nier l‘espace ordinaire à trois dimensions et d‘abolir l‘objet, il convient de citer quelques incontournables comme Kandinsky (vers 1910) ainsi que les actions pionnières de Malevitch et de Mondrian.
ABSURDE
Selon la rousse;
1. adj.: Contraire à la logique, à la raison. PHILO. et LITT.: Caractérisé par l'absence de sens préétabli, de finalité donnée, chez les existentialistes.
2. n.m.: Ce qui est absurde 1. Raisonnement par l'absurde, qui valide une proposition en montrant que sa négation conduit à une contradiction. 2. PHILLO. et LITT.: absurdité du monde et de la destinée humaine, qui ne semble justifiée par rien, chez certains auteurs contemporains. L'absurde chez Sartre, Camus. Théâtre de l'absurde chez Becket, Ionesco, Pinter.
ABSURDITE
Il est bien difficile de faire mieux, je respecte, je m'incline et je me sers.
- L'absurdité chez Sartre (1905-1980) où un homme déambule dans une ville inconnue. Saisi par un étrange malaise, il saisit toute l'absurdité de la condition humaine. Angoisse existentialiste et vertige de liberté...
ABSURDITÉ ET CONTINGENCE
De trop, le marronnier, là en face de moi un peu sur la gauche. De trop, la Velléda [ ... ].
Et moi — veule, alangui, obscène, digérant, ballotant de mornes pensées — moi aussi j'étais de trop [ ... ]. je rêvais vaguement de me supprimer, pour anéantir au moins une de ces existences superflues. Mais ma mort même eût été de trop. De trop, mon cadavre, mon sang sur ces cailloux, entre ces plantes, au fond de ce jardin souriant. Et la chair rongée eût été de trop dans la terre qui l'eût reçue et mes os, enfin, nettoyés, écorcés, propres et nets comme des dents eussent encore été de trop : j'étais de trop pour l'éternité.
Le mot d'Absurdité naît à présent sous ma plume; tout à l'heure, au jardin, je ne l'ai pas trouvé mais je ne le cherchais pas non plus, je n'en avais pas besoin : je pensais sans mots, sur les choses, avec les choses. L'absurdité, ce n'était pas une idée dans ma tête, ni un souffle de voix, mais ce long serpent mort à mes pieds, ce serpent de bois. Serpent ou griffe ou serre de vautour, peu importe. Et sans rien formuler nettement, je comprenais que j'avais trouvé la clé de l'Existence, la clé de mes Nausées, de ma propre vie. De fait tout ce que j'ai pu saisir ensuite fit ramener à cette absurdité fondamentale. Absurdité: encore un mot; je me débats contre des mots; là-bas, je touchais la chose. Mais je voudrais fixer ici le caractère absolu de cette absurdité. Un geste, un événement dans le petit monde colorié des hommes n'est jamais absurde que relativement : par rapport aux circonstances qui l'accompagnent. Les discours d'un fou, par exemple, sont absurdes par rapport à la situation où il se trouve mais non par rapport à son délire. Mais moi, tout à l'heure, j'ai fait l'expérience de l'absolu : l'absolu ou l'absurde. Cette racine, il n'y avait rien par rapport à quoi elle ne fût absurde. Oh! Comment pourrais-je fixer ça avec des mots? Absurde : par rapport aux cailloux, aux touffes d'herbe jaune, à la boue sèche, à l'arbre, au ciel, aux bancs verts. Absurde, irréductible; rien — pas même un délire profond et secret de la nature — ne pouvait l'expliquer. Evidemment je ne savais pas tout, je n'avais pas vu le germe se développer ni l'arbre croître. Mais devant cette grosse patte rugueuse, ni l'ignorance ni le savoir n'avaient d'importance : le monde des explications et des raisons n'est pas celui de l'existence. Un cercle n'est pas absurde, il s'explique très bien par la rotation d'un segment de droite autour d'une de ses extrémités. Mais aussi un cercle n'existe pas. Cette racine, au contraire, existait dans la mesure où je ne pouvais pas l'expliquer. Noueuse, inerte, sans nom, elle me fascinait, m'emplissait les yeux, me ramenait sans cesse à sa propre existence. J'avais beau me répéter : «C'est une racine» - ça ne prenait plus. Je voyais bien qu'on ne pouvait pas passer de sa fonction de racine, de pompe aspirante, à ça, à cette peau dure et compacte de phoque, à cet aspect huileux, calleux, entêté. La fonction n'expliquait rien : elle permettait de comprendre en gros ce que c'était qu'une racine, mais pas du tout celle-ci. Cette racine-ci, avec sa couleur, sa forme, son mouvement figé, était... au-dessous de toute explication [ ... ].
L'essentiel, c'est la contingence. Je veux dire que, par définition l'existence n'est pas la nécessité. Exister c'est être là, simplement; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire. Il y a des gens, je crois, qui ont compris ça. Seulement ils ont essayé de surmonter cette contingence en inventant un être nécessaire et cause de soi. Or aucun être nécessaire ne peut expliquer l'existence : la contingence n'est pas un faux-semblant, une apparence qu'on peut dissiper; c'est l'absolu, par conséquent la gratuité parfaite.
(La Nausée, Gallimard éd.)
- L'absurdité chez Camus (1913-1960)
Dans cet extrait, Albert Camus et Sisyphe, condamné à remonter sans cesse son rocher en haut de la montagne, ou comment expliquer l'attitude de l'homme confronté à l'absurdité de la condition humaine.
«Si la descente ainsi se fait certains jours dans la douleur, elle peut se faire aussi dans la joie. Ce mot n'est pas de trop. J'imagine encore Sisyphe revenant vers son rocher, et la douleur était au début. Quand les images de la terre tiennent trop fort au souvenir, quand l'appel du bonheur se fait trop pressant, il arrive que la tristesse se lève au cœur de l'homme : c'est la victoire du rocher, c'est le rocher lui-même. L'immense détresse est trop lourde à porter. Ce sont nos nuits de Gethsémani. Mais les vérités écrasantes périssent d'être reconnues. Ainsi, Œdipe obéit d'abord au destin sans le savoir. A partir du moment où il sait, sa tragédie commence. Mais dans le même instant, aveugle et désespéré, il reconnaît que le seul lieu qui le rattache au monde, c'est la main fraîche d'une jeune fille. Une parole démesurée retentit alors : « Malgré tant d'épreuves, mon âge avancé et la grandeur de mon âme me font juger que tout est bien.» L'Œdipe de Sophocle, comme le Kirilov de Dostoïevsky, donne ainsi la formule de la victoire absurde. La sagesse antique rejoint l'héroïsme moderne.
On ne découvre pas l'absurde sans être tenté d'écrire quelque manuel du bonheur. «Eh! quoi, par des voies si étroites ?... » Mais il n'y a qu'un monde. Le bonheur et l'absurde sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables. L'erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde. Il arrive aussi bien que le sentiment de l'absurde naisse du bonheur. « Je juge que tout est bien », dit Œdipe, et cette parole est sacrée. Elle retentit dans l'univers farouche et limité de l'homme. Elle enseigne que tout n'est pas, n'a pas été épuisé. Elle chasse de ce monde un dieu qui y était entré dans l'insatisfaction et le goût des douleurs inutiles. Elle fait du destin une affaire d'homme, qui doit être réglée entre les hommes.
Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. De même, l'homme absurde, quand il contemple son tourment, fait taire toutes les idoles. Dans l'univers soudain rendu à son silence, les mille petites voix émerveillées de la terre s'élèvent. Appels inconscients et secrets, invitations de tous les visages, ils sont l'envers nécessaire et le prix de la victoire. Il n'y a pas de soleil sans ombre, et il faut connaître la nuit. L'homme absurde dit oui et son effort n'aura plus de cesse. S'il y a un destin personnel, il n'y a point de destinée supérieure ou du moins il n'en est qu'une dont il juge qu'elle est fatale et méprisable. Pour le reste, il se sait le maître de ses jours. A cet instant subtil où l'homme se retourne sur sa vie, Sisyphe revenant vers son rocher, dans ce léger pivotement, il contemple cette suite d'actions sans lien qui devient son destin, créé par lui, uni sous le regard de sa mémoire et bientôt scellé par sa mort. Ainsi, persuadé de l'origine toute humaine de tout ce qui est humain, aveugle qui désire voir et qui sait que la nuit n'a pas de fin, il est toujours en marche. Le rocher roule encore.
Je laisse Sisyphe au bas de la montagne! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.»
(Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.)
ADORNO Théodore W. (1903 - 1969)
« L'oeuvre d'art intégrale, c'est l'absurdité absolue ».
ALLAIS Alphonse (1855 - 1905)
Ecrivain - humoriste
« La mer est salée parce qu'il y a des morues dedans. Et si elle ne déborde pas, c'est parce que la Providence, dans sa sagesse, y a placé aussi des éponges ».
Athlète du mot, fumiste professionnel, farceur invertébré, cité dans tous les recueils liés aux jeux de mots, Alphonse Allais est un humoriste hors du commun, poussant le bon sens jusqu'au non sens et la pensée parallèle. Il ouvre la voie aux canularistes de tout poil et plagie, par anticipation, les Raymond Devos, Boby Lapointe, et autres Yves Montand.
Légitimement considéré comme un Patacesseur (pataphysicien avant la lettre ou qui s'ignore), il est également un des plus importants pré-oulipiens.
Un temps stagiaire en pharmacie, ses faux médicaments et ses conseils farfelus lassent très rapidement son patron de père qui l'engage à exercer dans une pharmacie parisienne, où ses fréquentations estudiantines l'entraînent à participer à tout événement et initiative drôles ou fantaisistes. Il rejoint plusieurs groupes comme les Hydropathes (1878 - 1880), Chat Noir (1881 - 1897), ... Il devient collaborateur puis rédacteur en chef au journal Le Chat Noir. Sa production est importante (à peu près 1700 contes humoristiques en 25 ans, soit 3 par semaine), autant que ses oeuvres sont courtes. Il regroupe ses textes dans des recueils tels que A se tordre (1891), Ne nous frappons pas (1900), et le Capitaine Cap (1902) qui deviendra son personnage le plus célèbre.
Il cultive, entre autres, l'art du poème holorime (constitué de vers entièrement homophones, où la rime est constituée par la totalité du vers.
« Par les bois du djinn où s'entasse de l'effroi,
Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »
ALL OVER
Composition sans limite ne tenant compte d'aucune règle de perspective (Expressionnisme Abstrait).
ART
Selon la rousse;
Aptitude, habileté à faire quelque chose. Ensemble des moyens, des procédés, des règles intéressant une activité, une profession, une activité,
expression désintéressée et idéale du beau; ensemble des activités créatrices humaines qui traduisent cette expression, ensemble des oeuvres artistiques d'un pays, d'une époque.
Manière qui manifeste un sens du goût, une recherche, un sens esthétique.
ART CONCEPTUEL
L'expression Art Conceptuel est employée pour la première fois par Henry Flint dans une recueil Fluxus. Joseph kosuth et le groupe Art & Langage reprendront le terme sous une acceptation différente, le terme exprimant alors une investigation du concept « ART ». C'est l'analyse de l'oeuvre - de l'objet - qui prend le dessus sur l'oeuvre elle-même. Cette tendance plutôt anglo-saxonne, qui prône donc l'approche analytique, incite certains membres du groupe (dont Terry Atkinson, David Brainbridges, Michael Baldwin, Harold Hurrel, ...) à se pencher plus avant sur le travail d'artistes minimalistes. Les premières oeuvres conceptuelles se présentent comme des oeuvres dont la seule intention (fonction) est une définition d'elles-mêmes.
Exemple par excellence, One and Three Chairs, de J. Kosuth, est constituée d'une chaise pliante, de la photographie d'une chaise et de la définition du mot chaise, issue du dictionnaire. Kosuth met ici en évidence une notion essentielle: la production artistique doit servir la connaissance artistique. L'oeuvre n'est plus une finalité en soi.
ART MINIMAL
Successeur du mouvement moderne et prolongation des Ready-made de Duchamp, l'art minimal naît aux Etats-Unis au milieu des années 60. C'est Richard Wollheim qui utilise ce terme dans un article paru en 1965 dans la revue Arts Magazines , en parlant de Duchamp, d'Ad. Reinhardt et du PopArt. Un regroupement d'artistes s'opère, parmi lesquels Robert Morris, Carl Andre, Donald Judd, Dan Flavin, ... et résulte plus d'une sensibilité commune que d'une équivalence stylistique. Leur souci majeur est d'éviter toutes sortes d'illusionnisme formel ou de subjectivité. Ils utilisent des volumes géométriques simples et proposent, de ce fait, une réflexion sur les données fondamentales propres à la sculpture: ses composantes, son statut et son espace. Le choix de ces volumes géométriques simples se justifie par le fait qu'ils sont appréhendés immédiatement pour ce qu'ils sont (sans artifice); les couleurs et les matériaux industriels leur permettent de produire des objets qui n'exhibent pas les marques d'une histoire émotionnelle. La présentation est minimale puisqu'elle se limite à l'essentiel.
BALTHAZAR André
Né le 7 janvier 1934 à La Louvière (Belgique), il accomplit ses études secondaires à l'Athénée Provincial du Centre à Morlanwelz et termine sa philologie romane à l'Université Libre de Bruxelles en 1956.
En 1940, il fait la rencontre de Pol Bury qui lui ouvre les yeux et alimente ses curiosités (surréalisme, Cobra, art abstrait...). En découlera une amitié sans faille et une complicité qu‘il développera d‘ailleurs également avec le poète Achille Chavée. C'est avec Pol Bury qu'il crée, en 1955 l'Académie de Montbliart, nid de la pensée Bul et d'où sortira, en 1957, le Daily Bul, moniteur de la dite pensée. Aujourd'hui encore, il rassemble de nombreux adhérents bulistes autours de différentes activités d'éditions; rencontres entre encre et papier, pinceaux et plumes, idées et arrières pensées. Ces activités titillent humour, insolite dérision et insolence.
Brouiller les pistes appartient aussi à leur désinvolte exigence, c'est ainsi qu'arracher à André Balthazar la définition ou le sens de la pensée Bul se révèle être un sport complètement vain et insoutenable.
C'est en 1963 qu'il publie son premier recueil de textes; « La personne du Singulier », illustré par Pierre Alechinsky. Bien d'autres ouvrages suivront.
Professeur érudit, il enseigne pendant 27 ans aux élèves de l'Athénée de Morlanwelz et transmet son savoir et sa passion de la littérature vivante, pendant plus de dix ans aux étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts de la Cambre (Bruxelles).
Il est aujourd'hui retraité et s'en porte assez bien. Parmi les papiers et les colonnes de manuscrits, c'est face à un ordinateur bien compliqué qu'il tente de coucher les mots.
Aime le passé, moins le présent, peu le futur.
A écrit sur les animaux, puis sur les légumes et sur d'autres choses (petites). Il lui reste à parler du silence.
Quelques uns de ses nombreux ouvrages ou collaborations:
Divers écrits sur: Pierre Alechinsky, Pol Authom, Gabriel Belgeonne, René Bertholo, Roland Breucker, Pol Bury, Calder, Achille Chavée, Pierre Cordier, Jacqueline De Jong, Camille De Taeye, Christian Dotremont, Roland d'Ursel, Claude Galand, Norbert Ghisoland, Giacometti, Henri Michaux, Robert Michiels, Joan Miro, Jean-Pierre Point,...
Oeuvres: La Personne du Singulier; A Bras le Corps.; Il faut ce qu'il faut;
Deux contes; Pol Bury. Monographie. Préface d'Eugène Ionesco; Fenêtre à vue.
Lignes; L'Enfance de l'Age; Les Images virtuelles; La Concordance des temps.; Pâleurs obliques; Gilles et Marcheurs; Buffonneries; ...
Collaboration aux revues: Sens plastique, Savoir et Beauté, Phantomas, Kwy, Da-a/u delà, ICA Bulletin, Qui Arte Contemporanea, Chroniques de l'Art vivant, Le Journal des Poètes, Clé pour le Spectacle, Studio international, Le Vocatif, XXe siècle, Revue de l'Université de Bruxelles, Lectures...
BECKETT Samuel (1906-1989)
« Tout ce que j'avais à dire se trouve dans mon oeuvre » précise Beckett, pionnier du Théâtre de l'Absurde, à chaque refus d'interview ou d'apparition publique, au point qu'il refusera le déplacement à Stockholm, en 1969, pour recevoir son prix Nobel. Je ne peux donc que vous conseiller de le lire, plutôt que de me risquer à une biographie dont il a toujours tenu à ce qu'elle n'exista jamais.
Dans un souci d'exhaustivité qui n'est pas ici le mien, voici néanmoins ses oeuvres majeures; En attendant Godot, L'Innommable, Molloy, Murphy, Fin de partie, Nouvelles et textes pour rien...
BLAVIER André (1922 - 2001)
Bibliothécaire, poète, critique, érudit et pataphysicien.
« Les bouquins, c'est ma passion depuis toujours! » André Blavier termine ses humanités modernes et se spécialise dans la gestion des bibliothèques. Activité qu'il reprendra en 1942, à son retour d'Allemagne (où il fut déporté durant la guerre). Il occupera la fonction de bibliothécaire dans la ville ouvrière de Verviers. Spécialiste de Magritte (dont il publie les écrits complets chez Flammarion en 1979) il est également fondateur (avec Jane Graverol) de la revue d'avant-garde « Temps Mêlés » en 1952 et fit découvrir des peintres natifs et d'avant-garde. En 1961, il est élu à l'Oulipo comme correspondant étranger. Il s'éprend rapidement et accidentellement de l'oeuvre de Raymond Queneau (Chiendent et Les Enfants du Limon), avec lequel il entre en contact sous un prétexte fallacieux : dans Les Enfants du Limon, un certain Tapon Fougas, un fou littéraire traverse Verviers. La rencontre a lieu et Blavier se propose de rédiger sa biographie. Entre eux, une véritable osmose s'installe, leurs attitudes verbales sont aussi convergentes : Ils veulent se distancier par rapport aux mots pour leur restituer tout le poids du réel social . Symbole de cette complicité passée, en 1976, après la mort de Queneau, Blavier crée un centre de documentation Raymond Queneau, à Verviers. Il y organise tous les deux ans un colloque international en son honneur.
Il organise des conférences (Andrée Sodenkamp, les exposés de Blavier sur les fous littéraires), des expositions (Magritte en 1953, Maurice Pirenne...), du théâtre, du cinéma, de la musique (Froidebise). Pataphysicien, André Blavier adhère au Collège de Pataphysique (1950) et crée la Fondation de l'Institut luxembourgeois des Hautes Etudes pataphysiques (1965).
Pessimiste drôle, il reçoit, en 1977 le Grand Prix de l'Humour Noir pour « Occupe toi d'homélies ». Commandeur requis de l'Ordre de la Grande Guidouille, membre de la Libre Académie de Belgique, de la Confrérie des Chevaliers du Taste-Fesses et de diverses sociétés badines et/ou savantes, Grand Patacon de l'Empire Impérial, Officier de l'Ordre des Arts et Lettres, Blavier est également - accessoirement - Chevalier de l'Ordre de Léopold.
Son ouvrage de référence est, sans conteste, « Les Fous Littéraires« , publié pour la première fois en 1982 par Veyrier. Parmi ses principales publications; nous retrouvons, outre de nombreuses parutions dans la revue « Temps Mêlés », « Les Cahiers du Collège de Pataphysique »; « Occupe toi d'homélies » : fiction policière et éducative, 1976; « Le don d'Ubuquité »; « Le mal du pays ou les travaux (ce)nés »; « Lettres croisées 1947-1976 », correspondance entretenue avec Raymond Queneau; ...
BRETON André (1896 - 1966)
« L'esprit, mis en présence de toute espèce de difficulté, peut trouver une issue idéale dans l'absurde ». (Anthologie de l'humour noir)
Loin de ses enjeux politiques, la guerre aura pourtant aménagé la vie d'André Breton puisque c'est en traversant la Première Guerre mondiale au sein des services de santé de l'armée qu'il entre en correspondance avec Guillaume Apollinaire et rencontre bientôt Louis Aragon et Philippe Soupault. Ils fonderont la revue Littérature en 1920. S'impliquant dans un premier temps dans le mouvement Dada de Tristan Tzara, il se consacrera complètement au surréalisme dès 1924 et lui donnera sa véritable identité grâce à son Manifeste. Il devient très rapidement la figure de proue de ce mouvement et n'hésite pas à imposer ses choix et ses dires. Un temps membre du Parti Communiste (1927 - 1935), il se reconnaît dans l'intention de changer le monde de Marx, mais ce qu'il cherche, surtout, c'est à abolir les frontières entre l'imaginaire et la réalité, à se libérer de l'écriture automatique et de brouiller l'ordre des mots, comme il l'affirme dans Point du jour, en 1934.
La Seconde Guerre lui fera traverser l'Atlantique et laissera derrière lui les divergences nées au sein du groupe. Les années 50' n'en demeureront pas moins marquées par le surréalisme et la trace laissée par Breton n'aura d égale que son charisme et l'étendue de son oeuvre.
BUCQUOY Jan
Dessinateur, ancien footballeur, fondateur du Musée des caleçons de célébrités, il étudie la littérature, la philosophie, la réalisation et les sciences politiques. Après 30 ans de carrière, en mélangeant le tout, et sans besoin de le secouer au préalable, sa filmographie iconoclaste nous offre à découvrir quelques bijoux tels que La vie sexuelle des Belges, Camping Cosmos, Renault Vilvoorde, ... En attendant de réaliser prochainement la vie sexuelle de Tintin, Jan Bucquoy, inséparable de Noël Godin, prépare sa révolution. Un tantinet plus radical que son compère pâtissier, il a fixé au 21 mai 2005 son coup d'état, en prenant, avec un tank Sherman, le parlement, la télé, le Palais royal, la Banque Nationale,... Remplacer les avocats par des caissières, des ouvriers, des jeunes et des vieux, élus démocratiquement par loterie, tout un programme!
BURLESQUE
Le terme burlesque (lat. Burla, plaisanterie) désigne un comique outré. Sous sa forme substantivée, il désigne un style très prisé au 17e siècle qui traite un sujet noble de manière familière ou héroïco-comique. Caricaturant les situations ou les individus, il est volontairement très narratif et peut être raconté de manière mécanique.
Ses porte-étendards au cinéma sont notamment Max Linder, Buster Keaton et Charlie Chaplin qui en font un genre à part entière dès les balbutiements du cinéma puisqu'ils échappent aux codes régissant son élaboration.
Petr Kral dira qu'il est un art populaire et sauvage et qu'il conserve naturellement une mémoire des origines: celle des rites et des mythes primitifs qui sont la base de toute culture .
Officiant dans le muet, l'accent est porté sur la gestuelle, le physique et le visuel. La récurrence d'un même protagoniste à la personnalité distincte et aux gestes fétiches, revenant épisodiquement d'un film à l'autre favorise l'implantation d'une sorte de régime spectatoriel permettant à l'auditoire de s'y retrouver de film en film.
BURY Pol
Sculpteur abstrait
Né à Haine-St-Pierre en 1922, Pol Bury fait des études à l'Académie de Mons, suite à quoi il rencontre Achille Chavée, maître à penser du surréalisme dans le Hainaut. Il commence à fréquenter les membres du groupe surréaliste Rupture (en 1938) auquel il adhère. Influencé par ses illustres aînés, il s'intéresse particulièrement à Magritte, Tanguy et Delvaux. Il participe à l'exposition internationale du Surréalisme en 1945 et , en 1947, se laisse gagner par l'abstraction. Il rencontre Dotremont et fonde avec Alechinsky le groupe Cobra.
C'est en découvrant l'oeuvre de Calder vers 1953 et, attiré par le mouvement, qu'il commence à délaisser la peinture pour s'appliquer à créer des Plans mobiles mus par des moteurs. C'est désormais (en 1957) le mouvement et ses lenteurs qui seront au centre de ses préoccupations (Multiplans). La même année, il crée, avec André Balthazar, l'Académie de Montbliard d'où sortira plus tard le Daily Bul. Considéré comme le père du cinétisme, de l'oeuvre en mouvement, un mouvement lent, symbole de la précision et du calme d'une méditation en action, il utilise comme matériaux tant le bois, le liège, l'inoxydable que le cuivre.
En 1961, il présente sa première exposition personnelle à Paris.
Trois ans plus tard, il découvre New York et les Etats-Unis qui le fascinent, et où il se rend fréquemment : notamment pour enseigner six mois à l'Université de Berkeley et trois mois au College of Art and Design de Minneapolis.
De 1970 à 1972 sont organisées deux grandes rétrospectives de son oeuvre qui circulent, la première à travers les principaux musées américains, la deuxième à travers ceux d'Europe. C'est de cette époque aussi que date une oeuvre gigantesque illustrant l'art d'utiliser des boules-billes. Le Monument horizontal dédié à douze mille billes (1971) est un grand tambour muni d'aimants, à la surface duquel dérivent des milliers de grains argentés, se tamponnant, s'accolant, se séparant selon les appels magnétiques. Ce mouvement lent apporte ainsi des variations à l'infini, selon la lumière et l'environnement. Cet exemple n'est qu'une des facettes de l'oeuvre moderne, originale et multiple de Bury. En effet, au milieu des années 70, il réalise sa première fontaine hydraulique et, depuis lors, utilise l'eau pour déséquilibrer l'équilibre instable de volumes d'acier. Ecrivain, critique d'art, pamphlétaire, poète, il crée aussi des bijoux et réalise plusieurs courts métrages expérimentaux.
CARELMAN Jacques
Né en 1929. Peintre, décorateur de théâtre, illustrateur. Auteur du Catalogue des objets introuvables (1969) et des objets eux-mêmes, qu'il a exposé dans de nombreux pays. C'est à son initiative que l'Ouepeinpo a été (re)fondé en 1980. Régent d'Hylicologie au Collège de Pataphysique.
CARLI Elisabeth
« L ‘absurde et le dérisoire forment parfois l'essentiel ».
LA CIMAISE ET LA FRACTION
(voir également Raymond Queneau)
La Cimaise ayant chaponné tout l'éternueur
Se tuba fort dépurative quand la bisaxée fut verdie.
Pas un sexué pétrophagique morio de moufette ou de verrat.
Elle alla cocher frange
Chez la fraction sa volcanique...
LA CONJURATION DES IMBECILES
(voir également John Kennedy Toole)
Au travers d'un personnage central, Ignatius J. Reilly, J. K. Toole nous dresse un portrait détaillé de ce que pouvait être l'Américain moyen de la Nouvelle Orléans dans les années soixante. C'est véritablement une carte postale sociale qui se développe en 500 pages.
Un message unique : les imbéciles sont partout ! Parents, amis, collègues de travail, petits chefs frustrés, policiers, fonctionnaires, vendeurs de hot dogs, … autant de cas désespérés à qui Ignatius se voit confronté quotidiennement.
Une horrible casquette de chasse verte, les cheveux en bataille, un faciès des plus curieux, limité à deux grandes oreilles velues, une bouche dédaigneuse à demi cachée par une volumineuse moustache, des yeux bleus et jaunes... cette description seule, ajoutée à un comportement exagérément lymphatique à l'entrée d'un grand magasin, lui suffira à se faire arrêter par l'agent de police Mancusso et à déclencher la boule de neige des événements catastrophiques que lui seul a le talent de provoquer dans une propension qui force le respect.
Ignatius est un génie incompris, certitude qui suffit à excuser toutes les paresses, toutes les défaites et tous les emportements. Derrière un langage châtié et une attitude pédante et précieuse à la fois, malgré sa licence et de vains écrits, essais visant à décrire sa vision de la société qui ne pourra jamais le comprendre, Ignatius demeure un personnage imbuvable, inapte à quelque activité que ce soit. Il se délecte dans l'oisiveté et encourage qui le voudra à le suivre dans son combat systématique contre l'effort inutile. S'adressant à Jones, un vagabond recyclé en balayeur dans un bar, étonné par son choix délibéré de vendre des saucisses malgré son bagage culturel, il répondra : « J'ai moi-même été vagabond en des temps plus cléments et j'ai connu alors des jours meilleurs. Si seulement je pouvais être à votre place. Je ne quitterais ma chambre qu'une fois par mois pour aller pêcher mon chèque des aides publiques dans la boîte aux lettres. », se réfugiant régulièrement derrière Boèce qu'il applique d'ailleurs à la lettre, prétendant qu'il ne sert à rien de faire des efforts, ceux-ci étant dépourvus de sens.
Outre une vanité certaine qui l'empêche de développer des contacts sociaux un minimum développés, Ignatius est handicapé par les troubles de sa valve pylorique qui, en fonction de ses émotions, régule toute éventualité de la pratique d'un effort physique quelconque. Tout effort physique provoque chez lui des émotions fortes. C'est ainsi que son manque d'acharnement à la tâche sera systématiquement justifié dans chacun des emplois qu'il acceptera d'honorer. Poussé par sa mère et malgré son aptitude à dominer les esprits faibles, il alignera les licenciements et les déconvenues auprès d'honorables employeurs tel que Mr. Levy et sa fabrique de pantalons ou la respectable société de Hot Dogs qui ratisse la ville avec ses vendeurs ambulants.
En complément de ses activités professionnelles discutables, il tentera en vain de fonder un nouveau parti politique uniquement basé sur la force passive de la communauté homosexuelle.
Seule la péronnelle, Myrna Minkoff, semble l'atteindre et retenir en de rares occasions, par courriers interposés, son attention sur des sujets qui n'ont pas de lien direct avec son confort immédiat, seule réelle et permanente préoccupation d'Ignatius Reilly. Ancienne compagne d'université dont la vie semble circonscrite à l'animation d'un "groupe de thérapie de groupe" et à des engagements politiques plus ou moins vains, elle le sauvera de l'internement en faisant une apparition miraculeuse à la fin du récit. Personnage salvateur, en permettant sa fuite elle incarnera néanmoins l'ultime échec d'Ignatius.
DADA
8 février 1916, Hugo Ball et Richard Huelsenbeck arrêtent, au hasard d'un coupe-papier, le flux des pages tournées d'un dictionnaire. Ils tombent sur le mot Dada. Ce moment capital donne son identité à ce qui va être un des plus célèbres mouvements réactionnaires du 20e siècle.
Parmi ses membres les plus illustres; André Breton, Paul Eluard, Tristan Tzara, Marcel Duchamp, Max Ernst, Man Ray, Francis Picabia, ...
LE DAILY BUL
Au Daily-Bul, les peintures de guerre c'est " teinture d'humour (sérieux ou désinvolte) puisée aux différentes sources du XXe siècle : surréalisme, dadaïsme... Sans bannière, ni autel. " Quarante-cinq ans de drôlerie et d'insolite, de dérision et d'impertinence, de sérieux et de faux-sérieux, de gravité souriante et d'apparente nonchalance ; des sujets parfois saugrenus, des enquêtes souvent insidieuses... Une famille d'auteurs venus d'ici et d'ailleurs, toujours complices, se retrouve en liberté à peine surveillée sur un territoire qui va du congru à l'incongru, du définitif au dérisoire : Pol Bury et Achille Chavée, les frères Piqueray ou Benjamin Franklin, Gaston Chaissac ou Gilbert Lascault. (Parfois, il y a des images.) Quarante-cinq ans de papier et d'encre, d'images et de mots au service de la pensée bul, pensée indéfinissable comme il se doit, puisque " la pensée bul n'est pas souvent ce qu'on croit ; elle en serait même, le cas échéant, tout le contraire " (Marcel Havrenne). Volontiers adjectif, le mot " bul " est par nature invariable ; tantôt ceci (une revue), tantôt cela (les éditions), le Daily-Bul s'italique ou se romanise mais, à l'instar des célèbres poquettes volantes, jamais ne s'attrape ni ne se corrompt. Fondées et dirigées par André et Jacqueline Balthazar, les éditions du Daily-Bul ont du Cravan dans le crâne (" La littérature, dit Arthur Cravan, c'est : ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta. ") ; donc, on l'aura compris : pas de genre littéraire spécifique ici. Mais tout de même, une grande attention portée aux auteurs belges, et un indéniable savoir-faire.
(Présentation du Daily-Bul in le bulletin trimestriel du Comptoir du Livre/Liège2002)
DESPROGES Pierre
S'il ne fallait en choisir qu'une...
En 1977, à l'issue d'une des représentations de son tout premier show, Qu'elle était verte ma salade au Théâtre des Quatre Cents Coups de Paris, Pierre Desproges accordait placidement cet entretien à Noël Godin (lequel est devenu bientôt l'un de ses camerluches).
Noël Godin - Comment vous êtes-vous retrouvé dans l'équipe du Petit Rapporteur? pourquoi n'y avez-vous point fait long feu?
Pierre Desproges - Jacques Martin m'a téléphoné un jour de septembre 1975: « Cher Monsieur, Desproges, m'onctuosa-t-il, je lis avec intérêt votre rubrique « Bref » dans le journal L'Aurore. Sauriez-vous être aussi follement drôle avec une caméra qu'avec votre stylo? Si oui, pourquoi ne participeriez-vous pas au Petit rapporteur? » J'ai décidé de quitter l'émission quand j'ai constaté que Martin semblait prendre ombrage des succès de certains éléments de son équipe. Le jour où, à propos de Daniel Prévost et de moi-même, il a braillé: « Laurel et Hardy, c'est fini, y en a marre, vous ne tournerez plus ensemble », j'ai craqué, avant de claqué voluptueusement la porte du studio, une heure avant l'antenne.
Je dois tout (en tant que personne publique) à Martin. Je le tiens toujours pour une espèce de génie télévisuel. Mais je me féliciterai toujours d'avoir méprisé sa tyrannie mesquine, et d'avoir quitté cette émission avant qu'elle ne s'enlisât lentement dans le gras.
(...)
N.G. - Quelles sont les personnalités que vous estimez les plus cornichonnes?
P.D. - Je trouve que Georges Brassens est une personnalité non cornichonne. Toutes les autres sont cornichonnes, même Dieu qui est vulgaire et qui a le regard faux.
N.G. - Quel est votre souvenir personnel ou professionnel le plus navrant?
P.D. - Un jour que j'étais en reportage pour un journal parisien, j'ai vu un photographe gifler un enfant martyr qui n'arrivait pas à sangloter pour la photo humaine.
N.G. - Qu'est-ce qui vous fait rire comme un bossu?
P.D. - Les pompeux bafoués: le roi des Belges, Régine Crespin, le doyen de l'Académie française perdant leur culotte en public. Si le Prince de Galles s'avisait de péter en direct pendant son couronnement, je mourrais vraiment de rire.
N.G. - Si, bloqué sur une île déserte, vous ne pouviez disposer que d'un seul livre, d'un seul vêtement, d'un seul outil, d'un seul disque, d'un seul jouet, d'un seul médicament et d'un seul partenaire vivant, où se porteraient vos choix?
P.D. - Le livre: un dictionnaire. Le vêtement: une robe de chambre. Le médicament: mille bouteilles de Château Figeac 1971 (c'est un médicament contre l'hydrophilie). Le vivant: ma femme.
N.G. - Quand avez-vous été le plus fier de vous tant sur le plan civique que déontologique?
P.D. - Je suis fier de moi sur le plan civique quand je ne choisis pas entre la droite et la gauche. Pour ce qui est de la déontologie, se rapporter à votre première question.
N.G. - Dans quel animal toléreriez-vous que fort relativement d'être réincarné? Et pourquoi?
P.D. - En cheval. Ce n'est point tant le cheval que je hais que la déification benoîte de ce bestiau due aux pompeux grotesques à haut de forme qui régentent les courses. Et puis le cheval est un imbécile qui se laisse cravacher sans broncher par des minus multicolores à casquette.
N.G. - Comment procéder pour ne plus jamais vous confondre avec Pierre Desgraupes?
P.D. - P. Desgraupes est un gros bouffi rusé qui profite abusivement d'une amusante quasi-homonymie anagrammique pour bouffer à l'oeil chez Lipp en se faisant passer pour moi. On ne peut pas nous confondre. Je suis à peine bouffi, et très légèrement rusé. (N'empêche que je profite de cette amusante quasi-homonymie anagrammique pour consulter à l'oeil les plus chers cancérologues de Paris).
N.G. - Quel est votre rêve secret le plus effroyable?
P.D. - Il m'arrive de rêver que ma femme, qui est tout pour moi, me trompe sauvagement avec mon meilleur ami, alors que la tête de veau attache dans le fait-tout. Ce r^ve est effroyable car j'adore la tête de veau.
N.G. - D'entre toutes les farces et attrapes, laquelle vous semble être la plus spirituelle?
P.D. - Le coussin indécent, à condition de le poser sur le trône du prince de Galles le jour de son couronnement.
N.G. - Quelle est la différence entre Jacques Lacan, Golda et le commandant Cousteau?
P.D. - Lacan et Cousteau ont une quéquette. Golda Meir, on ne sait pas.
N.G. - Pourriez-vous nous gratifier d'un de ces bouleversants poèmes qui finiront bien par vous immortaliser?
P.D. - Extrait d'un poème diffusé à France-Inter le 29 mars dernier, pour les 26 ans de Thierry Le Luron:
« Bravo mon cher Thierry pour ton talent si sûr
Quand t'imites quelqu'un c'est vraiment très très bien
C'est vraiment très très bien, y a pas d'doute ça c'est sûr
Car y a pas à dire, c'est vraiment très très bien. »
(...)
(extrait de Godin par Godin, Noël Godin. Ed. Yellow Now - Côté cinéma, 2001)
Références: La Nausée , J.-P. Sartre, Ed. Gallimard, 1972.
Le Mythe de Sisyphe , A. Camus, Ed. Gallimard, 1942.
Introduction à l'histoire de l'Art Vidéo, Simon Lamunière
Cent Wallons du siècle, Institut Jules Destrée. Charleroi, 1995
Le mythe et le rituel dans le burlesque de cinéma: Humour et cinéma , Petr Kral, Ed. Saint-Denis, Paris, 1995.
Le burlesque chez Chaplin et Keaton; convergences et divergences, théorisation globalisante, Martin Kronström, Cadrage.net, mars 2003.
Cent Wallons du siècle , Institut Jules Destrée. Charleroi , 1995
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